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Maroc : le Musée MMVI, écrin chic pour Rabat - Promédia

  Maroc : le Musée MMVI, écrin chic pour Rabat

Le Musée Mohammed-VI d'art moderne et contemporain (MMVI), premier musée national construit par le royaume depuis 1958, a ouvert ses portes mercredi 8 octobre, à Rabat. Retour sur l'évènement phare de la rentrée culturelle marocaine.
Qu'est-ce que le musée Mohammed VI d'art moderne et contemporain ?

Inauguré en grande pompe, le 7 octobre, par Mohammed VI, le MMVI (c'est son petit nom) est une première marocaine. D'après les connaisseurs, c'est le premier musée national à ouvrir ses portes depuis 1958. Dans un domaine où les galeries et les fondations de groupes privés (banques, assurances, immobilier) avaient pris les devants, il s'agit là d'un investissement public. Le bâtiment lui-même, conçu par l’architecte Karim Chakor, est de style néo-mauresque. Il s'inscrit dans le style architectural typique du centre-ville de Rabat.

En plus des salles d’exposition, une librairie, un auditorium et une cafétéria ont été prévus pour le confort du public. L’ensemble est un ajout appréciable dans le paysage culturel de la capitale marocaine. Le même jour, le souverain a donné le lancement des travaux du Grand théâtre de Rabat, confié à l'architecte Zaha Hadid.

Pourquoi cela a-t-il pris autant de temps ?

Le MMVI est la première grande réalisation de Mohammed Qotbi en tant que président de la fondation nationale des musées. Lui-même artiste et lobbyiste patenté du Maroc en France, il a pris les rênes de la fondation, sur nomination royale. En plus des musées qui relevaient du ministère de la Culture, il doit superviser la création de nouveaux et remettre le secteur public au coeur des investissements culturels.

Une petite polémique a précédé l'inauguration, qui a dû être décalée de deux semaines. Deux syndicats de plasticiens, présidés par deux vétérans de la scène marocaine (Abdellatif Zine et Abdelhay Mellakh, tous deux exposés au MMVI) ont dénoncé le manque de concertation avec les artistes. Il aura fallu dix années de travaux. Mais le plus grand travail a été de rassembler les pièces et de réunir un champ artistique miné par les ambitions personnelles.

Y a-t-il un effet Mohammed VI sur le marché de l'art ?

Mohammed VI est féru d'arts plastiques, lui-même peintre pendant sa jeunesse. Après son accession au trône, il a boosté le monde de la création locale. Au départ, Mohammed VI s'est constitué une collection d'artistes célèbres: les cotes actuelles de Mahi Binebine, Hassan el Glaoui, Jilali Gharbaoui, Chaibia Talal, etc. doivent beaucoup à la mode lancée par le roi. Autour de lui, les proches, puis tous les puissants du royaume se sont entichés d’art moderne et contemporain.

Le jour de l’inauguration, Mohammed VI a longuement visité l’exposition - 400 oeuvres, 200 artistes - consacrée à 100 ans d’art marocain (1914-2014), parcourant pendant deux heures la rétrospective, écoutant les présentations des artistes. Toutes les oeuvres présentées ont été prêtées, mais aucune ne vient du fonds privé du roi. Nul doute qu’après cette première, les prêts et dons vont affluer.

Rabat, capitale africaine de l'art contemporain ?

Il est trop tôt pour dire que Rabat s’imposera comme une des destinations artistiques majeures du continent. L’activisme diplomatique de Mohammed VI le laisse entrevoir. La ville de Marrakech, qui accueille déjà une biennale d’art contemporain est aussi une candidate sérieuse. Les grands groupes privés marocains qui opérent en Afrique s’intéressent déjà aux artistes. Outre Attijariwafa, BMCE Bank et le holding Saham, dont les patrons sont tous des acheteurs d’art, le patron du groupe immobilier Alliances, de plus en plus présent en Afrique, Alami Lazraq est aussi un passionné d’art contemporain marocain et africain, auquel il entend consacrer un musée prévu, à l’horizon 2016. Il a inauguré, en 2013, un parc de sculptures dans un des de ses programmes résidentiels de luxe. Parmi les artistes exposés, certains sont des figures africaines de premier plan : le Béninois Romuald Hazoumé, le Congolais Chéri Samba (RDC) ou encore l'Ivoirien Frédéric Bruly Bouabré.

Source : www.jeuneafrique.com